April 24, 2017

Transports : les associations demandent à l’agglo de freiner

VM du 5 avril 2016 – article rédigé par P-H Coste

Transports : les associations demandent à l’agglo de freiner

Un collectif d’associations intéressées par les transports regrette de n’avoir pas été convenablement consulté par TPM qui prépare son plan de déplacement urbain

« TPM veut imposer ses argument comparatif et sans vouloir en discuter.» Très en colère, Jean-François Guyetand, président du collectif tramway, s’est entouré d’une douzaine d’associations(1) pour tirer le signal d’alarme.

Jeudi, l’agglomération doit en effet délibérer sur le « pré-projet » du futur plan de déplacement urbain.

Une étape importante dans un dossier aux enjeux complexes et coûteux. « Il s’agit d’un dossier à 2 milliards d’euros sur 10 ans », tonne Valentin Gies, président de Toulon@venir qui assure que ce sera le plus gros budget de TPM sur cette période.

Au-delà des contentieux fondamentaux qui opposent le collectif tramway à l’agglo, les associations demandent à TPM de retarder l’examen de ce dossier afin de prendre le temps « d’actualiser » ses données. Ce qu’elles reprochent aujourd’hui à TPM tient en quatre points.

collectif tramway

. La concertation

Le 22 mars, TPM organisait une réunion avec les associations pour leur présenter les grandes lignes du futur PDU.

« Ce n’était pas une concertation, mais un rapport de force », grince Jean-François Guyetand qui assure que la rencontre, teintée de condescendance, a été enregistrée par un huissier à la demande de TPM.

Il déplore par ailleurs que les associations n’aient pas eu la possibilité de consulter, ni de conserver aucun document. Selon les associations, après l’adoption du pré-projet jeudi, la consultation lors de l’enquête publique ne suffira pas à permettre une concertation efficace.

. L’enquête « ménages déplacements »

L’enquête « ménages déplacements » est une vaste étude menée dans les foyers afin d’avoir une vision précise des trajets effectués par les uns et les autres au quotidien.

« C’est indispensable d’avoir un document de ce type pour disposer de chiffres fiables et décider de ce qu’il faut faire », estime Valentin Gies. « Or TPM entend se baser sur la dernière enquête « ménages déplacements” réalisée sur l’aire toulonnaise. Elle remonte à 2008! A l’époque, il n’y avait pas de second tube, pas de technopôle de la mer à Ollioules, pas d’hôpital à Sainte-Musse, pas d’Avenue 83 à La Valette… C’est une étude où plus rien n’est valable. »

Notant d’ailleurs que la durée de validité de ce type d’étude a été fixée à huit ans par le gouvernement, les associations font de la réalisation d’une nouvelle enquête « ménages déplacements» le « préalable indispensable » à la rédaction d’un plan de déplacement urbain (PDU). « Il vaut mieux perdre six mois et consacrer un million d’euros à la réalisation de cette enquête que de se lancer à l’aveugle dans un projet à deux milliards », estime Valentin Gies.

Il assure que si le PDU est adopté sans ce document, les associations l’attaqueront devant le tribunal administratif.

. Le Plan climat énergie territorial

Les textes sont clairs (ou presque), un PDU doit être compatible avec le P.C.E.T. (Plan climat énergie territorial). Or, « alors qu’il devait être réalisé fin 2012 et est révisable tous les trois ans, aucun P.CE.T. n’est publié ni approuvé », s’agace Michel Pierre, secrétaire d’Actions Citoyennes pour une Transition Énergétique Solidaire. Selon lui, un document de ce type pourrait par exemple faire apparaître que le bilan environnemental d’un tramway est inférieur à celui de bus à haut niveau de service.

. Les corridors

Ni tramway, ni bus à haut niveau de service. Les associations assurent que sur les documents que leur a présenté l’agglo ne figurent que des « corridors de lignes à haut niveau de service », un intitulé volontairement flou selon elles.». « Il s’agit pour l’agglo d’avancer masquée afin de ne pas se mettre en contradiction avec la déclaration d’utilité publique qui prévoit un tramway», estime Valentin Giès.

Réaction

Sollicitée hier, TPM a choisi de ne pas répondre aux critiques des associations. L’agglomération annonce simplement maintenir l’examen de « l’arrêt du projet » de son plan de déplacement urbain 2015-2025, prévu lors du conseil communautaire de jeudi.

P-H Coste

1. Une lettre de mécontentement demandant l’ajournement de projet a été envoyée à Hubert Falco. Elle a été signée par le collectif tramway Toulon Var déplacements, Toulon@Venir, le CIL de l’avenue Abel Gance (La Garde), la Fédération Nationale d’Associations d’Usages des transports le Mouvement d’Actions pour la Rade de Toulon et le littoral varois.

C’est quoi le « PDU » ?

Moins connu que le Plan local d’urbanisme (PLU), le Plan de déplacement urbain (PDU) est son petit frère parlant de transport. C’est « un document stratégique pour le développement de l’agglomération », explique doctement TPM sur son site. « Il fixe les objectifs à poursuivre par la politique publique en matière de déplacements de personnes et de marchandises. Il définit les actions à mettre en oeuvre pour répondre au défi de la mobilité urbaine durable. C’est un outil de planification et de programmation qui indique les principes d’organisation de la mobilité à l’échelle de l’agglomération sur les dix années à venir. »

Le PDU en cours s’intéressait à la période 2oo5-2o15. Celui actuellement à l’étude doit dessiner les grandes lignes des transports dans l’agglo de 2015 (sic) à 2025. Toujours sur son site, TPM précise qu’il devra « répondre à des objectifs de diminution des incidences environnementales (pollution de l’air, nuisances sonores), aux enjeux sanitaires (…), à la problématique de renchérissement du prix du pétrole et de la précarité énergétique des ménages ». Il doit aussi anticiper les « effets du changement démographique (nouveaux comportements, vieillissement de la population, croissance de la population…)»

 var matin du 5 avril 2016