November 22, 2017

Le collectif tramway adresse un soufflet au Réseau Mistral – La Marseillaise du 30 Janvier 2016

Le regroupement d’associations toulonnaises a retrouvé une étude publiée par le Certu. Et en profite pour juger le réseau de transport en commun de l’agglomération Toulon Provence Méditerranée.

Le collectif tramway adresse un soufflet au Réseau Mistral

Les chiffres défilent, le constat reste le même. La lecture de l’étude du Centre d’études sur les réseaux de transport et l’urbanisme (Certu) que fait le collectif tramway, qui regroupe plusieurs associations militant pour le rail dans l’aire toulonnaise, est sans concession.

« C’est catastrophique », lâche Valentin Giès, le porte-parole du mouvement. Sollicité, l’élu toulonnais en charge pour la communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée (T.P.M.) n’a pas répondu. Sans la voix de Yannick Chenevard, aussi maire adjoint de Toulon (L.R.), c’est celle du leader associatif que l’on va écouter. Et sa vision des choses est assez alarmiste : « Le Réseau Mistral n’a de réseau que le nom. C’est une accumulation de lignes peu utilisées, chères et inefficaces. » Rien que ça.

« Un réseau cher, inefficace et inutilisé »

Valentin Giès développe son affirmation en effectuant une comparaison entre les résultats de l’étude pour T.P.M et ceux de « quatre agglomérations de tailles comparables ».

A savoir Grenoble, Strasbourg, Montpellier et Nantes. Brest, souvent citées en comparaison par la municipalité : « L’agglo’ compte moitié moins d’habitants », note celui qui est aussi président de Toulon@venir.

Lens ou Douai ? : « Nous avons volontairement choisi de comparer le Réseau Mistral avec des réseaux de transport en commun qui fonctionnent. C’est un parti pris totalement assumé. » Dans le détail, l’étude analyse l’évolution statistique d’un certain nombre d’indicateurs, tels que le prix de revient, la quantité de kilomètres parcourus, la quantité de lignes en service (données 2012)…

Et sur chacun des points, le porte-parole du collectif tramway aura son mot à dire. « Le Réseau Mistral est 86% plus cher pour la collectivité que la moyenne des quatre agglomérations », soupire Valentin Giès.

Plus cher pour T.P.M, donc plus efficace serait-on tenté de dire. Dans le sens de cette hypothèse, le plus grand nombre de lignes (111 contre 67 à Nantes, 35 ou 34 dans les autres), de kilomètres couverts (1663 km contre 813 en Aquitaine et moins de 360 ailleurs). Seulement voilà : ce maillage fin du territoire n’est pas accompagné par une moyenne de voyageurs élevée.

« Les transports en commun sont trois fois plus utilisés dans les autres agglomérations de France de taille comparable que nous avons choisies. » Dans le détail cela donne 65 voyages par habitant et par an à Toulon contre plus de 150 ailleurs (239 à Strasbourg). Et quand on regarde le nombre de voyages par habitant par ligne, cela donne 0,58 sur T.P.M contre plus de 3 dans les quatre agglo’ du comparatif… « Ce qui signifie que chacune des lignes toulonnaise est en moyenne 10 fois moins fréquentée qu’une ligne d’un réseau efficace », constate le président de Toulon@venir. Qui ajoute : « C’est un tableau qu’il n’y a pas à noircir… »

« Les solutions existent, mais ne sont pas appliquées. Ce que fait la collectivité actuellement, c’est une accumulation de lignes. Ce réseau maillé et cher ne sert malheureusement pas. Il y a un retard abyssal pris sur les autres agglo’. »

Les « défauts structurels » du Réseau Mistral peuvent être corrigés par « la création d’axes forts pour rabattre les petites lignes vers ceux-ci ». Et ainsi augmenter le taux de correspondance. Il est, en 2012, de 8,9% sur T.P.M. Contre 24% à Grenoble, et plus de 31% ailleurs.

Étude disponible sur : Lien vers l’étude du CERTU

La requête du maire de La Seyne vue par le collectif

Valentin Giès ne laisse pas de place au doute : « Nous comprenons évidemment le sentiment de Marc Vuillemot. »

Le maire socialiste de La Seyne s’était prononcé il y a peu (lire la Marseillaise du 19 janvier) en faveur d’un rééquilibrage des réseaux collectifs. Sa volonté, exprimée notamment en conseil municipal, c’est de « sortir du tout voiture » dans « sa » ville.

« Mais c’est difficile si l’on ne repense pas les transports en commun. » Marc Vuillemot-Collectif tramway, même combat ? Presque…

« Ce serait une erreur de vouloir à nouveau ajouter une ligne entre Toulon et La Seyne », estime le porte-parole du collectif. Il poursuit : « Le réflexe qui consiste à vouloir davantage de bus sur les routes ne constitue pas la bonne réponse au problèmeMais sur le constat, le maire seynois a raison. » Un constat qui fait état par exemple d’une desserte trois fois plus importante au Mourillon qu’à Mar Vivo/Tamaris. Ça tombe bien, ce que souhaite l’édile seynois, c’est plutôt l’ajout d’une correspondance maritime. Au Bois Sacré, précisément. Le premier magistrat parle aussi d’un possible prolongement de la ligne U.

Pour le collectif tramway, c’est par la création du rail que sera solutionné le problème : « Avec des lignes de bus qui rabattent vers un transport efficace en site propre, qui s’appuie sur des fréquences élevées et des garanties de vitesse… Le tramway est la solution. »

Romlain Alcaraz – La Marseillaise

LMRS du 20160130