August 21, 2017

Var-Matin – Urbanisme : mille Toulonnais ont pris part à l’enquête publique.

Var-Matin – 10 mars 2012 –

Urbanisme : mille Toulonnais ont pris part à l’enquête publique.

Un millier de participants, deux cents remarques enregistrées, tel est le bilan de l’enquête publique du plan local d’urbanisme. Le commissaire enquêteur à un mois pour rendre son avis. –

Il y avait foule, hier, pour la clôture de l’enquête publique relative au plan local d’urbanisme (PLU), en mairie d’honneur.

Pour la dernière fois, le commissaire enquêteur René Leestmans, tenait ouverts les registres regroupant les observations de la population sur les nouvelles dispositions d’urbanisme. Le commissaire enquêteur a un mois pour rendre son avis. Le conseil municipal prévoit d’approuver d’approuver définitivement le PLU avant l’été.

« La prise de conscience des Toulonnais a été tardive, mais les associations ont apporté de nombreuses remarques, largement reprises dans le registre. Mais le travail d’information de la mairie aurait pu être plus important« , souligne Valentin Giès, président de l’association Toulon@venir.

Robert Alfonsi, conseiller municipal d’opposition, va plus loin : « La ville ne n’est pas dotée des instruments de la démocratie participative : des conseils de secteur renforcés de fonctionnaires qualifiés ou un forum sur internet, comme l’ont fait des villes comme Brest, Rennes, Montreuil ou Reims. A Toulon, en faisant une concertation au minimum légal, on s’est privé d’imagination. C’est une bêtise« .

Sur un millier de personnes reçues pendant un mois d’enquête publique, 200 remarques environ ont été enregistrées.

Pour ne considérer que celles relatives à l’intérêt général, une dizaine de thèmes ont émergé, traitant principalement de la préservation du Faron et des transports.

Droits à construire

La disparition du coefficient d’occupation des sols, au profit du seul coefficient d’emprise, a également crée le débat.

Bernard Sans, adjoint à l’urbanisme : « Pour essayer de réduire les dégâts dus au ruissellement, comme à Siblas, qui reçoit les eaux du Faron, nous avons effectivement modifié les droits à construire. Mais le PLU permet toujours aux propriétaires de construire en vertical, d’aménager un rez-de-chaussée en garage,etc. Nous encourageons les terrasses en bois plutôt qu’en dur« .

« Toutes les villes de France ont une politique de densification raisonnable de l’habitat, c’est l’esprit de la loi SRU, du Grenelle 2 et même du Scot de TPM, reprend Valentin Giès. Le PLU, lui, va à l’inverse de ça. Beaucoup de propriétaires se sont aperçus qu’ils ne pourraient plus rien construire. »

Un point positif concerne l’environnement : « Il y a des progrès indéniables, selon M. Giès. On peut se féliciter des zones naturelles renforcées, même s’il reste aux particuliers de pouvoir débroussailler les espaces boisés classés du Faron, pour plus de sécurité contre les incendies. »

L’association de défense et de protection du Faron souhaite l’élaboration d’un plan de prévention des risques d’incendie de forêt.

Pour les transports, l’association Toulon Var Déplacement et la Fédération des usagers des transports (Fnaut) regrettent la non inscription de la ligne Les Routes-gare SNCF-Le Mourillon du TCSP au PLU. Celle-ci est pourtant intégrée au plan de déplacements urbains 2005-2015, approuvé par la ville et l’agglomération TPM. « Et il n’y a rien non plus sur la LGV, pas de réservation spécifique, c’est hallucinant« , s’étonne Philippe Cretin (Fnaut) et Maurice Franceschi (TVD). Celui-ci conclut : « Ce PLU doit être revu en profondeur« .

SYLVAIN MOUHOT – smouhot@varmatin.com –

 

Hubert Falco : « Pas de révolution » –

Comment expliquer aux Toulonnais qu’il ait fallu dix ans pour faire le PLU ? :

Le maire de Toulon : « Le POS de 1994 permettait de travailler dans de bonnes conditions. Mais les lois ont évolué, il a fallu se mettre en conformité avec le Scot et prendre en compte la démographie : 8 000 nouveaux habitants en dix ans et 8 000 de plus dans les dix ans à venir. J’aurais préféré que le PLU aille plus vite, mais nous avons travaillé sereinement et j’ai fait examiner chaque point juridiquement. Ce document ne révolutionne rien, mais il améliore le POS de 1994. »

Quel est l’esprit du PLU ? :

« Trouver un juste équilibre entre développement urbain et préservation de l’environnement de la qualité de vie. »

Pourquoi ne pas avoir intégré la ligne du TCSP Les routes-gare SNCF-Le Mourillon au PLU ? :

« Parce que le mode de transport retenu est le « busway », qui ne nécessite pas de lourd aménagement de voirie, ni de voie dédiée sur cette ligne. Rien n’empêchera le « busway » de passer par la gare, mais qu’on me dise comment construire une voie réservée autour de la gare, le long du littoral Mistral ou sur le boulevard Cunéo ! »

Pourquoi n’y-a-t-il pas d’emplacements réservés pour le projet de 3ème voie du chemin de fer ? :

« A saint-Jean du Var, au Pont-du-Las, à l’ Escaillon, il ne pourra pas y avoir de troisième voie en surface, ce sera obligatoirement en souterrain« .

La route eu Faron passera-t-elle en double sens ? :

« Non, car je suis attaché à la préservation des sites naturels. Les nouvelles emprises ne sont là que pour renforcer la sécurité« .

L’enquête publique a-t-elle souffert d’un manque de publicité ? :

« Nous avons largement communiqué. Il y a eu 7 ans d’exposition, 1200 réunions de quartier auxquelles on n’a pas trop vu l’opposition. Si on avait mis en place un forum sur internet, je crois qu’on aurait reçu 170 000 idées. La vraie concertation est sur le terrain.«