December 13, 2017

Toulon municipales : (3/3) – L’économie Locale. Débat entre les candidats.

Mondial à Pétanque La Marseillaise du 22 février 2013 – écrit par Laurence Artaud ; Romain Alcaraz

Toulon Municipales 3 de 3 _L’économie Locale _ La Marseillaise du 22 février 2014

Municipales (3/3). Les trois candidats à la mairie de Toulon ayant participé au débat organisé ce début de semaine par l’association Toulon@venir ont donné leur vision de l’économie locale.

La mer, élément majeur d’attractivité économique

Dernier volet consacré au débat organisé par l’association Toulon@venir dans le cadre des municipales : les trois candidats, parmi cinq postulants* à la mairie de Toulon, s’étant prêtés à l’exercice démocratique, André De Ubeda (Front de Gauche), Robert Alfonsi (Parti socialiste) et Olivier Lesage (Alliance écologiste indépendante) s’expriment sur leur vision de l’économie locale. Tous trois s’accordent également sur l’impérieuse nécessité de relancer le commerce de détail, en particulier en centre-ville, en luttant contre l’implantation des grandes surfaces. Olivier Lesage préconise de bloquer de la réserve foncière pour proposer des baux à prix modérés aux commerçants, lesquels sont générateurs d’emplois, comme le secteurs de l’aide aux personnes âgées. Non sans interpeller sur la baisse des charges des entreprises, André De Ubeda, lie la politique locale à la volonté politique nationale du Front de Gauche. Il use ainsi de la lutte contre l’austérité comme levier, estimant que c’est en redonnant du pouvoir d’achat que l’on créé les conditions de la relance économique. C’est pourquoi le candidat revient sur « la gratuité des transports, mais aussi des premiers mètres cubes d’eau consommée ». Le communiste, comme l’écologiste indépendant d’ailleurs, prône la gestion de l’eau en régie municipale. Pour André De Ubeda, en outre, l’attractivité reste conditionnée par « la création d’équipements, d’infrastructures, la synergie des emplois et de la formation ». Il entend favoriser l’installation de pépinières d’entreprises, l’artisanat… « Garder notre jeunesse, la former est un défi majeur », ajoutera Robert Alfonsi.

De la pêche artisanale à la construction navale

Pour Olivier Lesage, en revanche, toutes les infrastructures existent pour créer un pôle d’excellence environnemental. Pour lui, la réduction des pollutions est un préalable à une bonne santé économique. Avant d’insister sur « la cause animale », faisant remarquer qu’il manque des refuges à Toulon, le candidat d’Alliance écologiste indique qu’il veut également développer la pêche artisanale et aménager des récifs artificiels pour nourrir la ressource halieutique. « L’économie de la mer, c’est la principale richesse », affirme le candidat FdG. Il évoque un projet de construction d’éoliennes et d’hydroliennes comptant sur « le gisement de matière grise ». Il milite pour le maintien de l’activité de maintenance des sous-marins à Toulon.

Et pour que la DCNS (construction navale) retrouve « son statut d’entreprise d’État ». Le socialiste Robert Alfonsi déclare pour sa part qu’« il faut défendre la Défense nationale ». Lui aussi compte développer « l’économie de la mer » : il veut dessiner « un nouveau schéma directeur d’aménagement de la rade », définissant « la localisation des paquebots de croisière » et appuyant le ferroutage**. Le socialiste propose aussi de « travailler le tourisme patrimonial ».

LAURENCE ARTAUD

* Le maire sortant UMP Hubert Falco et le FN Jean-Yves Waquet n’ont pas participé.

** Nous reviendrons sur ce sujet dans une prochaine édition.

Économie et attractivité : état des lieux

Démographiquement, il n’y a pas photo : entre les deux dernières données officiel les de l’Insee, la ville a perdu près de 3500 habitants (170 041 en 2007, 166 242 en 2011). Au contraire du Var qui, globalement, gagne 27 616 âmes. Toulon reste toutefois la 15ème commune de France en termes de nombre d’habitants. Ce qui ne consolera pas les opposants à l’action menée par l’équipe municipale en place depuis 2001. Notamment en cause, la politique du « tout-tourisme » prônée par Hubert Falco et ses adjoints. Cela se traduit par des hivers assez pauvres en manifestations culturelles et festives. Une carence en partie comblée par la création il y a deux années du Théâtre Liberté, devenu scène nationale il y a peu. La municipalité, comme à son habitude, s’appuie énormément sur cette seule réalisation. Mais la ville conserve d’énormes lacunes. Par exemple, elle n’a pas de véritable médiathèque digne de ce nom. Également pointée du doigt, l’Université du Sud Toulon Var qui continue de subir les conséquences de l’affaire des « diplômes chinois », et qui peine à redresser la courbe de ses inscriptions. Au contraire, elle perd des étudiants… Ensuite, pour resituer le contexte de l’emploi à Toulon, en moyenne trimestrielle au 3ème trimestre 2013, le taux de chômage sur la zone d’emploi de la ville est estimé par l’Insee à 11,4% de la population active. Le taux sur le département est de 11,7%. Toujours dans les chiffres, le taux qui correspond au nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté pour une population donnée s’élève à 22%. Les Toulonnais sont plus de 7 sur 10 à être éligibles à un logement social. C’est dire si le contexte économique n’est pas glorieux sur les bords de la Rade. Toulon pourrait miser sur l’un de ses principaux atouts : la mer Méditerranée. C’est l’objectif par exemple du Pôle Mer, mais manque par exemple une filière de déconstruction des navires, souvent évoquée par l’opposition. Les pistes ne manquent donc pas pour sortir Toulon de sa torpeur.

ROMAIN ALCARAZ

A propos de financements, ils ont dit…

André De Ubeda, Front de Gauche :

« L’impôt des entreprises a diminué, celui des ménages a augmenté. Nous voulons une taxe des entreprises qui ne pénalise pas l’emploi. »

Olivier Lesage, Alliance écologiste indépendante :

« Pour financer nos projets, la solution est simple : on peut économiser 500 millions d’euros en se retirant du projet de LGV. »

Robert Alfonsi, Parti socialiste :

« Il y a de l’argent à l’Europe, pour les transports propres, pour la rénovation urbaine […]. Et à fiscalité constante, il est possible de faire d’autres choix. »