October 18, 2017

Réseau ferré: Toulon@venir apporte son soutien au projet d’aménagement présenté par R.F.F.

La Marseillaise du 24 Juin 2014 par Thierry Turpin

L’association varoise Toulon@venir apporte son soutien au projet d’aménagement présenté par Réseau ferré de France, sous réserve de faisabilité au niveau hydrogéologique.

Toulon-Aubagne : un tracé en ligne de mire

« La situation actuelle est totalement insupportable pour les usagers du TER », commence Valentin Gies, le président de l’association citoyenne Toulon@venir : « Aujourd’hui, c’est retard sur retard, annulation sur annulation ! »

La cause de ces perturbations : « On fait cohabiter sur la même ligne des trains qui sont censés rouler à 230 km/h – et qui pourraient arriver 25 à 30 minutes plus tôt – avec des TER. »

Avec pour conséquence directe : un débit extrêmement limité. « Pour régler le problème, la seule chose à faire est de se doter d’une seconde infrastructure », explique le militant associatif.

Il évoque donc – pédagogue – les différents scénarios envisagés. Celui, pour commencer, du doublement de la ligne existante. « Une option quasiment impossible à réaliser à l’intérieur des communes, comme celles de Sanary ou Bandol. La population n’acceptera pas ! »

Reste donc, « pour un coût sensiblement le même », la construction d’une autre ligne. Ailleurs. « Dans cet esprit, notre association et ses partenaires approuvent et soutiennent le projet présenté par RFF. C’est la seule manière de pouvoir répondre durablement au problème du TER à Toulon », explique Valentin Gies.

La voie du développement

Il rappelle au cours de sa conférence de presse, qui se transforme vite en débat, que « les enjeux en termes d’aménagement de notre territoire et de déplacements quotidiens doivent être au centre des préoccupations de nos décideurs ».

Et cela, pour que les choses soient claires pour ses détracteurs, « au-delà des clivages politiques ». Puisqu’il s’agit « d’anticiper ensemble le devenir des transports à un horizon de trente ans ».

Pour mémoire, le tracé retenu par RFF emprunte le haut plateau de Signes avant de plonger par tunnel sur 7,5 kilomètres jusqu’à Toulon. « C’est un tracé qui permet d’impacter le moins possible les populations, l’environnement et en particulier les zones agricoles et viticoles », poursuit le président de Toulon @ venir.

« C’est un maillon, de l’arc méditerranéen Marseille, Toulon et Nice, métropoles à vocation européennes… » Un projet que l’association et ses partenaires jugent donc « essentiel pour l’avenir de l’aire toulonnaise », neuvième agglomération de France, à égalité de taille avec Nantes.

Une solution « qui lui permettrait de disposer d’un réseau ferré efficace ». C’est le sens de la motion de Toulon@venir adressée à RFF dans le cadre de la concertation d’une ligne nouvelle entre Aubagne et Toulon. Une motion qui reprend donc la proposition de RFF enrichie d’une proposition complémentaire : la création d’une gare TER grande vitesse et fret rapide à Signes (lire ci-contre).

Le seul argument recevable susceptible de faire dérailler le projet serait d’ordre hydrogéologique, conclut Valentin Gies. Le massif karstique, caractérisé par la prépondérance du drainage souterrain, pourrait être en effet un obstacle de taille dans le forage du tunnel entre le plateau de Signes et Toulon. « Mais pour le savoir… encore faut-il faire une étude faisabilité. »

THIERRY TURPIN

L’opportunité de la zone d’activité de Signes

Dans sa motion adressée à RFF, Toulon@venir propose d’étudier la possibilité de créer une gare TER grande vitesse et fret rapide à Signes.« Le passage par le plateau de Signes est prévu entre les communes de Signes et du Beausset, aujourd’hui à l’écart du réseau ferré.

Ces communes sont pourtant très peuplées, en forte croissance, et à proximité de la zone industrielle de Signes, qui végète en raison des difficultés d’accès », argumente Valentin Gies.

Il propose donc de « compléter la construction de la ligne nouvelle par une opération d’aménagement du territoire consistant en la création d’une gare à proximité de la zone industrielle de Signes ».

L’objectif étant à terme de pouvoir desservir les habitants du secteur du Beausset et de Signes par des TER « grande vitesse », en utilisant la nouvelle infrastructure pour relier Marseille, Aubagne, Toulon et l’Est de la région Paca.

« Ainsi, cette zone aujourd’hui difficile d’accès serait reliée aux métropoles marseillaise et toulonnaise en environ 12 minutes, ce qui ne peut que renforcer l’attrait pour cette nouvelle ligne », poursuit le président de Toulon@venir.

L’association propose également de développer la zone d’activité du plateau de Signes en créant, en complément de la gare voyageur, une gare spécifique pour le fret rapide. « La zone d’activité de Signes est handicapée aujourd’hui par les difficultés d’accès. C’est pourtant une zone qui possède un potentiel de développement économique très important et inexploité, qui pourrait en faire le Sophia-Antipolis varois dans les années à venir », explique-t-il.

Un développement qui ne peut s’opérer sans une amélioration des conditions d’accès des salariés et des transporteurs. « Pour ces raisons, y établir, comme à Sophia-Antipolis, une gare nouvelle TER grande vitesse permettrait aux salariés de venir travailler dans de bonnes conditions depuis les bassins d’emplois de Marseille et Toulon.

Doubler cette gare d’un terminal de fret rapide permettrait d’y installer un pôle de haute technologie ne nécessitant pas de fret lourd. » T.T.

Développement économique : 10 665 emplois.

S’appuyant sur le rapport du SETRA de juillet 2012, l’association Toulon@venir rappelle que la construction d’une LGV générerait 10 665 emplois par milliard investi.

Dont 5056 emplois directs nécessaires à la réalisation de l’infrastructure. 6650 indirects liés aux fournitures. Et 1959 emplois induits.

3,8 milliards d’euros. C’est le coût programmé de l’aménagement des 40 km de ligne entre Toulon et Aubagne.

« Est-ce une dépense sèche ou une opportunité de développement ? », s’interroge l’association Toulon@ venir.

« Un investissement pour l’avenir, dans l’emploi et la refondation urbaine… »

Valentin Gies : « Le pouvoir politique a un vrai rôle à jouer dans l’amélioration de la vie quotidienne des gens et le développement économique de toute la zone. »