Le monde associatif réagit aux propos tenus par Hubert Falco concernant l’un des grands dossiers toulonnais menacés de rester en rade. Comme le TCSP…
A Toulon, hier après-midi, dans une des brasseries entourant la place de La Liberté. Le monde associatif a donné rendez-vous à la presse pour revenir point par point sur les récents propos tenus par Hubert Falco, maire (UMP) de Toulon. Notamment ceux concernant la réalisation du TCSP (Transport collectif en site propre). Un des grands dossiers cruciaux pour l’avenir de la ville et de l’agglo – menacé de rester en rade, ou pour le moins, d’emprunter une mauvaise voie – et qui méritent plutôt bien, comme ici, que la vigilance citoyenne s’exerce au mieux.
L’association Toulon@venir, organisatrice de cette rencontre, était accompagnée pour l’occasion de Philippe Cretin, président régional de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT), ainsi que de Jean-François Guyetand, président du Collectif tramway.
Pour commencer, première rectification concernant les allégations du premier magistrat du port du Levant, qui prétend par exemple : « […] Le Bus à haut niveau de service (BHNS) est une offre technique qui s’adapte très bien à nos besoins. Alors, il y a débat, mais ce débat est juste le fait d’une association favorable au tramway. Il est facile de faire rêver les gens, mais il faut être pragmatique. Le BHNS coûte moins cher et nécessite des travaux moins longs que le tramway tout en offrant une capacité de transports de 4 000 personnes par heure et par sens […] ». Faux et archi-faux répondent les associations.
« Les annonces font état d’un coût de 300 millions d’euros pour le BHNS et de 520 millions d’euros pour le tramway. Si ces chiffres sont exacts pour le tramway, ils sont largement sous-estimés pour le BHNS, compte tenu des acquisitions foncières présentes dans le dossier », commence Valentin Gies, président de Toulon@venir.
« Si l’on prend en compte à la fois le coût des expropriations à refaire pour que le BHNS (plus large que le tram) soit en site propre sur tout son parcours, mais aussi la perte de 25 à 35 millions d’euros d’aides de l’Etat, l’écart devient nul à l’horizon 2015 », continue-t-il.
« Il faut savoir, en effet, que la durée de vie d’un BHNS entraîne la nécessité de prévoir un réinvestissement au bout de 15 ans, qui sera de l’ordre de 60 millions d’euros ». Voilà pour les coûts.
Concernant les capacités respectives de ces deux modes de transport, ensuite. « Toutes les études et les expériences en situation réelle – établies sur la base de 4 personnes par mètre carré, capacité maximum pour préserver des conditions de transport décentes, et non 8 comme le suggère M. Chenevard [président de la commission Transports à TPM, ndlr] – convergent pour dire que le BHNS plafonne à 3 000 personnes par heure et par sens contre 4 200 pour un tramway de 33 mètres (5 300 pour un tram de 39 m). C’est donc bien le tramway qui est seul à même de répondre aux besoins de la population de l’agglomération toulonnaise.
" Nous défendons un projet d’intérêt général majeur ", affirment les associations.
Elles préviennent donc qu’en cas d’abandon officiel du projet tramway,
elles déposeront un recours devant le Tribunal administratif. Elles invitent d’ailleurs toutes les personnes expropriées, pour et seulement pour la construction du tramway, à se faire connaître (
contact@toulonavenir.com) et à les rejoindre, en vue d’une action commune.
Thierry Turpin
Paru dans La Marseillaise le 12 01 2011