Revue de presse
Une salve d’applaudissements : ainsi a été accueillie, hier, peu avant 16 heures, la carence d’offres aux enchères publiques de l’huilerie Saint-Antoine, dans la salle de l’office notarial de maître Philippe Bernard. La propriété du conseil général située avenue des Moulins, mise à prix à 300 000 euros, n’a pas trouvé acquéreur. Ce n’est pas la cinquantaine de citoyens, de représentants du tissu associatif local, de représentants de partis de gauche, opposés au démantèlement du patrimoine, qui s’en sont plaints. Ils s’étaient réunis massivement une heure avant la vente, devant les grilles de l’étude notariale pour s’élever contre cette nouvelle adjudication.
Aucune offre et beaucoup de questions
À la question posée, avant et après la lecture du cahier des charges par le représentant de l’étude : « Quelqu’un dans la salle va-t-il déposer un chèque de consignation (Il était fixé à 60 000 euros) pour porter les enchères ? Ndlr » Silence pour toute réponse. Celle-ci se consumant à la vitesse de la flamme de la bougie qui devait veiller au plus offrant...
Pas d’offres, mais des questions pointilleuses. Notamment celles posées par un acquéreur potentiel, souhaitant conserver l’anonymat, et livré à ses calculs... À sa sortie, il considérait déjà « la mise de fond bien trop importante ». Il demeurait très dubitatif sur la question du stationnement : un par logement sur une cour extérieure assez réduite, et en bordure de route. Sachant que « le rez-de-chaussée à usage commercial devra, pour être habitable, passer obligatoirement par un changement de destination, sanctionné par une autorisation des services de l’urbanisme de la commune », lui a-t-on confirmé. La remarque dans la salle de la zone inondable du secteur en bord du Las, pouvait laisser, aussi, à réfléchir...Mais de là à l’inciter à renoncer ? « Tout cela se calcule », lâchait l’intéressé à l’achat à la sortie de l’étude.
Que va-t-il se passer désormais ? La mine réjouie, les opposants à la vente savouraient un nouveau sursis. Sans crier pour autant victoire car la balle est toujours dans le camp du Département. « Les élus vont de nouveau se réunir », a confié, hier, Alain Ballada, directeur du patrimoine du conseil général. Rien n’a filtré, en revanche, de ce qu’il sera décidé, et quand ? Une nouvelle adjudication publique sera-t-elle à l’ordre du jour avec une nouvelle mise à prix revue encore à la baisse ? (Lire ci-dessous)
« Comprendre le message »
Valentin Gies, représentant de l’association « Toulon @venir » n’osait croire « à ce que l’on brade le patrimoine indéfiniment. » « À un moment, il faut comprendre et recevoir le message envoyé par les Toulonnais », martelait-il. « Les citoyens ne sont pas prêts à laisser filer toute la richesse historique, architecturale et culturelle de notre ville et notre région », expliquait, combative, Madeleine Brun, vice-présidente de Toulon @venir. Et les représentants des associations de réclamer, à nouveau, la tenue d’un débat « avec les représentants politiques. » Celui-là même réclamé par Michel Augier de l’association « Zus et Coutumes », et demeuré lettre morte, regrettait-il, hier.
Le sort de l’Huilerie est loin d’être scellé pour ses défenseurs. Valentin Gies met en garde :« la vente de l’huilerie Saint-Antoine, pièce maîtresse du projet de la Coulée verte (aménagement du barrage du Revest jusqu’à la mer) ouvrirait la porte à un programme immobilier, notamment sur la propriété Virilli de plusieurs hectares ». Crainte ou non avérée, les amoureux du patrimoine ne sont pas près de lâcher prise...
Catherine Pontone
Var-Matin
Le collectif "Un tramway pour l’Agglomération toulonnaise" a attiré plus d’une centaine de personnes, lundi à la fac de droit, pour une conférence-débat "sans arrière-pensée politique, mais avec la seule volonté que le projet de tram se concrétise, dans le sens de l’intérêt général", ont précisé Jean-François Gyetand, président, et Valentin Gies, porte-parole.
La ville de Toulon a récemment réaffirmé le choix d’un TCSP( Transport en Commun en Site Propre) sur pneus à guidage optique, par la voix de Yannick Chenevard adjoint au Maire, lors de la réunion de la fédération des CIL de l’est toulonnais le 12 novembre. L’association penche pour un tramway traditionnel sur rails et développe un argumentaire en sept points.
- La pollution : Toulon connait 35 pics de pollution par an au dioxyde d’azote (0 à Nice, 1 à Marseille). Le tram électrique permettrait de limiter ce phénomène.
- La capacité : 90% des déplacements se font sur l’’axe Est-Ouest : il faut donc un transport en commun pouvant transporter 65000 usagers/jour. C’est le cas du tramway mais pas du Bus à Huat Niveau de Service (BHNS, capacité de 40000).
- Les travaux : Il s seront de la même durée quelque soit le mode de transport retenu.
- Le respect des engagements : le tramway a été voté à l’unanimité des élus de TPM en 2005. "C’est la seule décision officielle qui fait foi", rappellent les membres du collectif.
- La rentabilité : Selon l’association, le coût de fonctionnement varie du simple au double en fonction du débit horaire maximal calculé pour chaque mode de transport : 6000 voyageurs par heure et par sens pour le tramway, 4200 pour le tramway sur pneus et 2500 pour le BHNS.
- Le coût : "Le tramway ne coutera rien de plus au contribuable, affirme M. Gies. Le versement transport, prélevé sur les salaires des entreprises, permet d’amortir le projet de 515 M€ sur 20 ans, ce qui est très peu pour ce type de transport en commun."
- Le délai de mise en oeuvre : Après expertise juridique et étude de deux jurisprudences, le collectif est catégorique : seulo le choix du tramway permet de mener les travaux dans le cadre de la déclaration d’Utilité Publique (DUP) de 2005. Le choix du BHNS impliquerait une nouvelle DUP. M. Robequain, un ingénieur ayant participé à la réaliation du tramway de Montpellier, a expliqué que les propriétaires ont un droit de rétrocession si leur terrain n’est pas utilisé dans un temps imparti.
S. M.
Ils aiment leur ville, souhaitent proposer leur travail pour faire avancer les projets, sans critique partisane, mais dans l’intérêt général. L’association Toulon@venir (1) fêtait récemment sa première année d’exercice. Et son président Valentin Gies était plutôt satisfait devant ses adhérents, du travail accompli.
En effet, trois gros dossiers ont déjà occupé le bureau : le tramway sur rails, dossier relayé désormais par le collectif « Un tramway pour l’agglomération toulonnaise », dont Toulon@venir espère l’aboutissement - « c’est la seule manière d’équiper Toulon, pour en finir avec les problèmes de déplacement » - le dossier LGV, et l’option du tracé des métropoles, que Toulon@venir a directement influencé par ses travaux. Et enfin, en cours d’élaboration, le dossier de rénovation urbaine du centre ancien.
Collaborations précieuses
« Ce qui désormais fait notre force, c’est l’adhésion de nombreux habitants à notre travail », souligne Valentin Gies. Et le président de citer : la Fédération des CIL de l’Est, le collectif « Un tramway pour l’agglomération toulonnaise », le CIL de La Coupiane, des CIL du Pradet, de La Garde, le CIL du Pont-du-Las, la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT), Toulon Var Déplacements. Également à l’actif de Toulon@venir, les consultations d’élus et de décideurs : Femmes chefs d’entreprise, la jeune Chambre économique.
« Sans oublier les élus qui viennent agrandir la liste de ceux qui portent un regard attentif sur nos travaux », précise le président. Le bureau a déjà rencontré Christiane Hummel, sénateur maire de La Valette, Robert Beneventi, maire d’Ollioules et président du SCoT (Schéma de cohérence territoriale) Provence Méditerranée, Marc Vuillemot, maire de La Seyne, Claude Mesangroas, maire du Pradet.
Le gros dossier du centre ancien
« C’est un pas très clair de la part des élus concernant notre démarche. Pour le tramway, nos expertises juridiques attestent de la nécessité d’une nouvelle déclaration d’utilité publique en cas de changement de projet, ce qui retarderait d’autant la mise en place du tram. Le dossier monté sur le sujet par Toulon@venir a déjà été téléchargé 5 000 fois. Il est toujours disponible. »
Quant au centre ancien, l’association travaille actuellement sur les possibilités de relogement des habitants qui est la pierre d’achoppement du dossier. « Seulement une centaine de familles ont été relogées en deux ans. Le temps presse, car après 2013 l’ANRU ne financera plus, et certains îlots tomberont aux oubliettes. Ce serait dommage ! Le projet de l’îlot Baudin est un bel exemple plutôt réussi qui mériterait d’être adopté pour les autres îlots. Car le centre ancien a un vrai potentiel pour la relance de l’animation du coeur de Toulon. »
Certifiant que l’association fonctionne avec des gens de tous les bords politiques, Valentin Gies refuse de se positionner en tant qu’opposant de gauche : « Nous souhaitons juste éveiller les consciences, aider à la concrétisation des projets, apporter notre expertise et notre travail. Nous sommes prêts à des rencontres constructives avec Messieurs Falco et Chenevard, et tous ceux qui veulent travailler pour Toulon. » Le travail se poursuit donc pour Toulon@venir, avec une satisfaction : « Une première année très réussie, et l’envie d’aller de l’avant. » Comme notamment, le grand projet rade.
gkosondray@varmatin.com
1. Toulon@venir est une association citoyenne, qui fédère de nombreuses autres associations et des particuliers sur les dossiers de développement de l’agglomération. Elle a désigné à sa création, il y a tout juste un an, Valentin Gies comme président, un jeune Toulonnais d’adoption, qui a su rassembler des Toulonnais de toutes sensibilités politiques autour des nombreuses potentialités de la ville.
Savoir + Site Internet : www.toulonavenir.com
Gisèle Koson-dray
Interview réalisée par Radio-Monaco
06 Février 2009
La Marseillaise : "Le collectif pour le tramway demande un débat public"
26 Mai 2009
Le collectif « Un tramway pour l’àgglo toulonnaise » ne lâche pas l’affaire. Constitué en avril, il rassemble des particuliers et plusieurs associations : Toulon@venir, Toulon Var Déplacements (TVD), les CIL de l’agglomération, la fédération des CIL de l’Est toulonnais, ou encore la fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT).
Leur objectif : la mise en place du tramway dans le cadre du transport en commun en site propre (TCSP), tel qu’il est établi dans la déclaration d’utilité publique (DUP) votée en 2000 et modifiée, en 2005. Un tramway devenu le serpent de mer de l’agglomération, surtout depuis que le président de TPM lui préfère le bus à haut niveau de service (BHNS), Soit l’abandon des rails au profit des pneus...
« Des choses se font depuis 2001, mais le problème est que M. Falco n’a aucun projet précis. Il veut un BHNS, mais lequel ? On risque de repartir sur un nouveau projet qui prendra trois ou quatre ans de plus. En deux ans, avec le tramway, on aurait pu terminer le chantier ; mais là, on ne se sait pas où on va », dénonce Maurice Franceschi de TVD. D’autant que la DUP, qui doit prendre fin en 2010, parle bien de tramway mais pas de BHSN. « Au niveau juridique, tout risque de repartir à zéro. Alors que c’est maintenant que l’on a besoin d’un TCSP », poursuit·il. Et, selon les associations, le BHSN, avec une emprise plus large, risque aussi de relancer la campagne d’expropriations menée pour la réalisation du tracé Université-place Noël Blache.
Rails contre pneus
« Aujourd’hui à Toulon, 50 000 voyageurs se déplacent chaque jour en transport en commun sur le boulevard de Strasbourg. Ils seront 65 000 dans trois ans. Si le BHNS est choisi, ils seront 40 000 par jour contre 100 000 avec un tramway. 40% des besoins en déplacements des Toulonnais ne seront donc pas couverts », argumente Vincent Gies, porte-parole du collectif et responsable de l’association Toulon@venir. Les travaux ? « Il y a peu de différence entre les deux projets, puisque les réseaux souterrains (téléphone, gaz, électricité ... ndlr) devront dans les deux cas être déviés. Donc, les travaux auront bien lieu, même en cas de BHNS ». Quant au financement, « le coût par passager transporté sera identique puisque le tram en véhiculerait deux fois plus ». « Le tramway pourrait aussi être financé par le versement transport des entreprises en l’augmentant de 1 à 1,75% des salaires », ajoute le porte-parole.
« Le débat sur le TCSP existe mais il se fait pat voie de presse interposée. Il n’y a aucun dialogue entre les associations et les élus sur la question », résume Vincent Gies. « Nous défendons une vision à long terme, dans l’intérêt général. Ce que l’on veut c’est que les élus écoutent notre argumentaire », poursuit Jean Ecochard, président de la fédération des CIL de l’Est toulonnais. « Aujourd’hui encore, nous demandons officiellement la tenue d’une rencontre ou d’un débat avec M. Falco. Ce que nous voulons simplement, c’est que les choses avancent », concIuent Jean·Paul Leroy, président du CIL des 3 baies du Pradet, et Jean-François Guyetand, président du CIL la Coupiane Val Sud.
G. DE SAINT VULFRAN
Samedi 19 septembre 2009
Accueillis par le maire Claude Mésengroas, les participants aux ateliers sur le PDU ont écouté avec beaucoup d’attention les interventions des trois spécialistes du transport sur l’agglomération.
Difficile de donner de l’air aux communes littorales par les temps qui courent. Beaucoup d’habitants, beaucoup de voitures, beaucoup d’activités... On ne respire plus. La municipalité de Claude Mésengroas veut relever ce défi au Pradet. Conformément à son engagement, le maire a ouvert le débat aux Pradétans sur la question du Plan de déplacement urbain (PDU). Comme cela avait été fait pour le Plan local d’urbanisme, des ateliers sont organisés pendant un mois afin de recueillir l’avis de ceux qui vivent la ville au quotidien.
Quelques clics sur Internet ou une visite en mairie. Il n’en fallait pas plus pour s’inscrire au débat. Quelque 35 personnes se sont portées candidates.
Un calendrier a été établi jusqu’au 15 octobre autour de trois thématiques. Atelier 1 : une nouvelle politique de stationnement et d’aménagements routiers. Atelier 2 : les transports en commun en question. Atelier 3 : une qualité de vie retrouvée sur les modes doux.
Jeudi soir, la réunion de présentation a réuni l’ensemble des participants autour de Bernard Pezery, adjoint délégué à l’aménagement du territoire. Trois spécialistes du déplacement ont aidé les Pradétans à y voir un peu plus clair : Christine Gouriou, du cabinet d’étude CG Conseil, Olivier Crouzier, directeur adjoint aux transports de TPM, Valentin Gies, président de l’association Toulon@venir.
« C’est important que vous participiez à ces ateliers, a souligné en préambule, Claude Mésengroas. Nous avons de grandes idées, mais nous préférons nous appuyer sur vos expériences pour valider un projet. »
Trois scénarii pour faire respirer le centre-ville
Les participants ont écouté avec toute l’attention nécessaire l’exposé de Christine Gouriou. Les conclusions de l’étude réalisée par CG Conseil ont débouché sur trois scénarios possibles. Pour éviter le transit de véhicules par la commune (ce qui représente plus de 50 % du trafic), Christine Gouriou a exposé les différents scénarii qui permettraient de faire respirer le centre du Pradet, en prenant soin d’expliquer les avantages et les inconvénients de chacun. Les Pradétans devront débattre de la meilleure option.
Le représentant de TPM Transports Olivier Crouzier a ensuite exposé les possibilités de faire correspondre l’un des plans de circulation avec la mise en place d’un TCSP (Transport en commun en site propre) ou BHNS (Bus à haut niveau de service). Le TCSP représentant un enjeu majeur pour l’agglomération toulonnaise, la municipalité avait invité Valentin Gies à faire part de l’étude menée sur la question par Toulon@venir. Le président a expliqué pourquoi son association défendait le tramway contre le BHNS. Ce qui n’a pas manqué de retenir l’attention de chacun des présents tant la question du transport en commun préoccupe les Pradétans.
Les participants sont désormais armés pour réfléchir aux améliorations possibles et souhaitables. Ils se retrouveront jeudi prochain dans la salle du conseil. D’ici là, ils sont invités à partager leurs nouvelles connaissances avec le plus grand nombre
L’humanité : "Coups de « H » à Var Matin"
La mise à l’écart de Patrice Maggio suscite une vive émotion.
Correspondant régional.
Remplacé par Olivier Biscaye, Patrice Maggio ne sera plus, le 1 er juin prochain, directeur départemental du quotidien Var Matin, l’un des fleurons du groupe Hersant dans le Sud-Est. Autrefois Journaliste à Toulon, puis directeur départemental de Nice Matin à Nice, il a été nommé grand reporter au pôle Sud ... du groupe, chargé de dossiers régionaux’ depuis un bureau de Marseille. Réunie en assemblée générale, la rédaction varoise considère que cette mutation sanction a été inspirée par au moins l’un des deux" H ", Horace Lanfranchi, le président (UMP) du conseil général, et (ou) Hubert Falco, ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Toulon. Elle en veut pour preuve que c’est par un adjoint toulonnais de Falco s’adressant ironiquement à un « localier » de Var Matin que la nouvelle a été diffusée et non. en interne, par la direction du journal. Il semble que certains articles sur le tramway de Toulon ou sur des baisses de subventions aux associations décrétées par le conseil général aient fortement déplu au sein de ces collectivités qui, par ailleurs, abreuvent Var Matin en publicités institutionnelles. Cette mutation vient après la mise au placard récente du chef du service reportage de Var Matin et la démission forcée, l’an dernier, du patron de Nice Matin, un ancien du Monde qui n’était pas en odeur de sainteté à la mairie (UMP) de Nice dirigée par un autre lieutenant de Sarkozy, Christian Estrosi. Tout cela met en colère et inquiète la rédaction de Var Matin. Une motion de " soutien à l’indépendance de la
Cette mutation vient après la mise au placard récente du chef du service reportage de Var Matin.
rédaction vis-à-vis du pouvoir politique" est partie de Toulon vers toutes les rédactions sudistes du groupe Hersant où il ne serait pas étonnant qu’une grève éclate prochainement.
Philippe Jérôme
Quand Hubert Falco punit le maire de Toulon
24 Avril 2009
par Paul Warguin
Secrétaire d’État, Hubert Falco n’a pas réussi à profiter de sa proximité avec son ministre de tutelle pour récupérer les subsides accordés aux projets de transport par le Grenelle de l’Environnement.
Dommage. Toulon ne sera pas dans la liste des villes dont les projets de tramway, métro et autres bus en site propre seront financés par le Grenelle de l’Environnement. À Paris, pourtant, Hubert Falco côtoie quasi quotidiennement Jean-Louis Borloo, son ministre de tutelle, ordonnateur du Grenelle vert. Les vannes du financement public semblaient pour une fois grandes ouvertes, plus de 40 villes ayant au final obtenu des subsides de l’État pour leurs projets. Dans le Sud, à titre d’exemple, Montpellier récupère 82,6 millions d’euros, Nice 43
millions, Marseille ayant l’assurance d’un financement garanti (non chiffré, pour le moment). À cette liste, il faudrait encore ajouter Cannes, Grasse, Antibes ou Perpignan...
« La seule grande agglo qui n’aura pas son tramway »
« En 2010, Toulon devrait être la seule agglomération de plus de 500 000 habitants qui n’aura pas son tramway », déplore Robert Alfonsi, conseiller municipal PS de Toulon et vice-président de la région PACA. Au cabinet du maire de Toulon, on affirme que la ville n’avait rien sollicité, préférant se réserver pour une prochaine vague de financement.
Dans la réalité, il apparaît pourtant qu’elle était bel et bien candidate. En effet, Toulon figure en toutes lettres dans la liste de projets « Grenelle » recensés par le Groupement des autorités responsables de transports publics (GART). Avec cette mention en sus : création de la première ligne entre la gare de la Seyne-sur-Mer et Jean Jaurès, lit-on sur ce document. Forcément, cet échec patent interroge. Pourquoi la préfecture du Var se retrouve-t-elle finalement recalée ? Tout avait pourtant bien commencé : en novembre 2005, les onze communes de Toulon Provence Méditerranée (TPM), la communauté d’agglomération, avaient adopté à l’unanimité le plan de développement urbain (PLU) présenté par son président, Hubert Falco. Le texte prévoyait explicitement le développement d’un tramway sur rail. Mais en 2006, Hubert Falco fait marche arrière et se prononce pour un tram à pneus, semble-t-il moins contraignant pour les automobilistes.
Le bus à haut niveau de service
En 2008, nouveau tête-à-queue : Hubert Falco exprime cette fois, dans Var-Matin, sa préférence pour une nouvelle technologie, le bus à haut niveau de service (BHNS). Pour ne pas paraître s’asseoir sur le vote des onze communes de l’agglomération, le camp du maire doit se livrer à quelques acrobaties sémantiques : si le PDU mentionnait bien le développement d’un tramway sur rail, il pouvait tout aussi bien s’agir d’un rail virtuel, ou rail optique, tel que ceux guidant le BHNS. Il semble en tout cas que le ministère de Jean-Louis Borloo n’ait guère été sensible à ces subtilités, et en ait déduit que le projet toulonnais, comme son rail, était virtuel, du moins pas assez mâture pour accéder à un financement d’État. « De toute façon, il est préférable que les travaux démarrent après l’achèvement du deuxième tunnel automobile, prévu pour 2011 », indique-t-on à l’hôtel de ville.
Reste à savoir, dans un contexte de forte restriction budgétaire, si les prochains financements réservés aux transports propres seront aussi conséquents. Car, à
force de rater les trains, on finit par... prendre la voiture. À moins que le tout-automobile, à Toulon, soit encore considéré comme une option d’avenir.
L‘indépendance de la presse a repris un coup de jeune sur la Côte-d’Azur depuis que le groupe de Philippe Hersant a racheté, en 2007, les journaux du coin. Après avoir fait le ménage au quotidien marseillais « La Provence » et à « Nice-Matin », Hersant décapite la rédaction de « Var-Matin ».
Patrice Maggio, patron départemental du quotidien, avait le tort de ne pas assez vanter les mérites du maire UMP de Toulon et sousministre Hubert Falco. Il vient d’être rétrogradé comme simple reporter et expédié à Marseille. Détail : c’est un adjoint de Falco qui a appris la nouvelle à un journaliste de « Var-Matin ».
Quelques jours plus tard, les journalistes du quotidien varois ont voté le principe d’une grève. En mars déjà, le chef du service reportage de « Var-Matin » et ex-correspondant du « Monde » Lilian Renard, pas vraiment en odeur de sainteté à la mairie de Toulon, avait fait l’objet d’une « promotion » : une mutation aux pages locales de « La Provence », à Aubagne.
Et ce n’est même pas l’équipe de Falco qui lui avait annoncé son déménagement !
La Marseillaise : Toulon @ Venir réclame un débat sur le fond
28 Février 2009
Transports toulonnais.
L’association a mené un travail de fond dont les conclusions plaident en faveur d’un tramway sur rails. Hubert Falco lui reproche d’être partisane. « Agacé », « mécontent »… L’entrefilet paru dans les colonnes de notre confrère « Var Matin » décrit ainsi l’état d’esprit d’Hubert Falco à l’égard de la jeune association Toulon@venir à qui il reproche en substance « d’avancer masquée ».
Valentin Gies, président de Toulon@venir, estime pour sa part que « cette polémique n’a aucun intérêt ». Et pour y couper court indique que « l’association est ouverte à tous les citoyens, engagés ou non, de gauche comme de droite, qui veulent aller dans le bon sens pour Toulon ». Pour les membres de l’association, il importe ainsi de recentrer le débat « sur le fond » et de limiter la confrontation à celle des arguments. Un courrier en ce sens a d’ailleurs été adressé à Hubert Falco. Le maire de Toulon et président de TPM y est notamment invité à « comparer dans la plus grande transparence, études à l’appui » les deux projets aujourd’hui en présence (lire aussi ci-dessous).
Plaidant sans ambiguïté pour le tram’ sur rails, Valentin Gies rappelle que « trois solutions » ont été envisagées dans le dossier du transport en commun en site propre (TCSP) : « Tout d’abord, celle votée à l’unanimité du SITCAT en 1998 préconisant le tramway sur rails et par la suite validée par TPM. Or, en 2007 Hubert Falco change d’avis, sans toutefois de délibération de TPM, et parle d’un tramway sur pneus. Un an plus tard, il abandonne ce projet et se prononce pour un bus à haut niveau de service (BHNS, ndlr) ».
Des revirements qui, pour l’heure, demeurent des positions personnelles de l’élu puisqu’ils n’ont été validés par aucune assemblée. « Avec le BHNS, 40% des voyageurs resteront à quai » Les déclarations, via la presse, d’Hubert Falco interpellent donc tant sur la forme que sur le fond. « Notre association a étudié le dossier en profondeur », précise Valentin Gies.
Un coup d’œil au rapport de synthèse présenté par Toulon@venir permet en effet de s’en convaincre : que l’on partage ou pas les conclusions de l’association, difficile de nier qu’elles sont fondées sur des arguments étayés et chiffrés. Valentin Gies explique : « Le choix du BNHS permettra au maximum le transport de 2 500 voyageurs par heure et par sens, alors que le tramway sur rails en compterait 6000. En 2006, le Réseau Mistral en recensait 3000 et une projection du PDU (plan de déplacements urbains, ndlr) en prévoit 3900 après la mise en service du TCSP ».
Autrement dit : « 40% des voyageurs de Toulon vont rester sur le quai ». Toujours en s’appuyant sur les données du rapport de synthèse, il ajoute que, contrairement à ce que prétend Hubert Falco, le tram sur rails ne s’avèrera pas plus cher pour le contribuable et considère qu’en termes de rentabilité économique, il constitue la solution la plus intéressante. « Dans toutes les villes qui ont fait ce choix (plus d’une vingtaine au total, ndlr), ça marche, ça change l’image de la commune et c’est rentable », insiste-t-il. Valentin Gies pointe en outre le volet juridique du dossier : « Tous les documents officiels ont été déposés pour un tramway sur rails. S’il y a une modification majeure, il faudra tout reprendre dès le départ. 900 expropriations ont déjà eu lieu dans le cadre d’un projet de tramway. Une expropriation est un acte grave. Que vont penser les personnes concernées si elles voient passer un bus ? ».
Après une première réunion publique, fin janvier, à laquelle ont participé quelque 300 personnes, l’association se déclare aujourd’hui disponible pour présenter ses études aux associations et organisations politiques qui le souhaitent. Toulon@venir entend poursuivre la mission qu’elle s’est fixée – à savoir « informer le plus objectivement possible les citoyens sur les grands dossiers de l’aire toulonnaise » –, sur le TCSP mais également sur d’autres chantiers tels que la rénovation du centre ancien, l’université, le port… Hubert Falco n’a vraisemblablement pas fini d’être « agacé ».
Agnes Massei
Repères
1975 : est l’année au cours de laquelle paraît la circulaire Marcel Cavaillet (secrétaire d’Etat aux Transports), qui préconise la réhabilitation du tramway pour huit villes dont Toulon.
Plus de trente ans plus tard, toujours pas de tramway et un projet remis en cause. 270 personnes environ ont participé à la première réunion publique organisée par Toulon@venir le 26 janvier dernier. Depuis, l’association a enregistré plus de 2000 téléchargements du rapport de synthèse. Pour se le procurer :
www.toulonavenir.com
Eclairage : Lettre à Hubert Falco« […] Cette étude [sur le TCSP, ndlr] a été présentée lors d’une conférence-débat à laquelle vous et vos collaborateurs étaient invités le 26 janvier dernier. Nous regrettons qu’aucun responsable de TPM ne soit venu débattre. Pour notre part et c’est notre souci majeur, nous voulons en rester sur le fond : pourquoi ne pas comparer dans la plus grande transparence, études à l’appui, les arguments qui nous conduisent aujourd’hui à des choix différents. Cela pourrait se faire sous la forme d’un débat en présence de médias locaux, ce que nous vous proposons par la présente. Seul l’intérêt des citoyens serait l’objectif de ce débat ».